mercredi 11 juillet 2007

L'empreinte du temps



Il y a 5 000 ans, des hommes ont gravé le schiste clair du Mont Bego pour invoquer la pluie. Depuis leur découverte, au XVe siècles, ces dessins interrogent les scientifiques. En 1967, le professeur Henry de Lumley prend la direction des recherches. Depuis, les 100 000 gravures rupestres de la bien nommée « Vallée des Merveilles » ont été répertoriées et reproduites.


Chaque année, durant les 2 à 3 mois d’été où la météo l’autorise, des archéologues français et étrangers réalisent des relevés scientifiques d'une grande précision.



Nicoletta en est à sa 2e saison sur les pentes du Bego. Sur une feuille de « cellophane » transparent scotchée à la paroi, cette étudiante italienne décalque minutieusement les gravures au feutre fin. « Il faut suivre les contours avec précision, pour ensuite vérifier et corriger les relevés plus anciens ». L’opération prend en moyenne une demi-journée. Le temps qu’il a sans doute fallu pour réaliser la gravure.



Le site des "Merveilles" se trouve au coeur du Parc national du Mercantour, dans les Alpes-Maritimes, à une altitude supérieure à 2000 mètres.



Le « Christ » est, avec le « Dieu Taureau » et la « Déesse Terre », l’une des gravures figuratives les plus emblématiques du plus grand site à ciel ouvert d’Europe. A l’âge du Bronze, des « initiés » ont gravi les pentes abruptes du Mont Bego, leur montagne sacrée culminant à 2870 mètres. Un véritable chemin de croix, trois millénaires avant notre ère, pour ces hommes chaussés de peaux de bête fourrées avec de la paille.



Pour le professeur de Lumley, ces marques témoignent d’« un rite païen pour invoquer la pluie » ; le vrai beau temps pour ces bergers agriculteurs.



L’une des gravures réalisée à la plus haute altitude est celle de « l'anthropomorphe aux bras en zig-zag ». Il représentait, pour les hommes de l’âge du Bronze qui l’on dessiné, une invocation à la pluie fertilisante.



Pour accéder aux gravures sans risquer de les endommager, les archéologues doivent parfois se déchausser. Beaucoup de gravures ont été abîmées par des randonneurs, si bien qu’aujourd’hui l’accès au site n’est autorisé qu’en compagnie d’un guide agréé.



Bon pied bon œil, à 72 ans le professeur de Lumley continue de parcourir la montage pour suivre in situ le travail de ses chercheurs, et quelquefois faire découvrir ce site majestueux a quelques privilégiés. Le scientifique change alors de casquette et s’amuse à mimer, pour illustrer ses explications, la position du « Sorcier », bras levés avec ses poignards symbolisant la pluie. « Ces gravures sont le livre des 1ers peuples métallurgistes ».

4 commentaires:

Florian a dit…

Premiers peuples métalurgistes ? Et a-t-on retrouver des traces de banderoles syndicales ? ;)

Nan, sérieusement, j'aime bien lire tes textes qui accompagnent tes photos. C'est instructif et avec les photos, ça donne envie d'en savoir plus.
Tu pourrais faire des reportages de plus en plus longs et complets ? 0:)

sarto a dit…

coucou

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sarto

Florian a dit…

Bé alors ? Oukéssonlénouvelfoto ? ;)

michel bernouin a dit…

bé, chu en vacances moi aussi...